Comme promis me voilà de retour pour mon plus grand plaisir et...le vôtre j'espère !
Nous nous sommes quittés au bord du Mékong, au soleil couchant.
C'est donc au petit matin que ce nouvel article débute.
LA QUETE DES BONZES :
Il est à peine 6h dans les rues encore silencieuses de Luang Prabang mais devant les habitations les tapis tressés sont déroulés et les petits tabourets sont installés : la cérémonie du Tak Bat va bientôt débuter.
Nous pensions assister à cet évènement religieux en simple spectateur, nous avons eu l'immense privilège de pouvoir participer et ce fut un merveilleux moment.
Le TAK BAT est la collecte matinale que les bonzes effectuent chaque matin dans les rues de Luang Prabang pour recevoir des mains des habitants leur nourriture quotidienne.
Pour pouvoir le faire, nous écoutons attentivement les consignes de notre guide local : hommes et femmes doivent porter une écharpe, portée de façon différente. Pour les hommes elle est simplement posée sur une épaule, pour les femmes elle fait le tour de la poitrine et recouvre une épaule.
Les hommes doivent se tenir debout et les femmes agenouillées. Nous devons garder le silence et avoir la tête légèrement inclinée en signe de respect.
Je suis impressionnée par tant de solennité, pour vous dire j'ai même le trac ...
Ci-contre les règles à observer pendant la cérémonie, photographiées dans un monastère de Luang Prabang, écrites à l'attention des voyageurs.
Sur les nattes sont disposés de jolis petits paniers ronds à couvercles, sur leur dessus....une serviette de table ? ? C'est vraiment ce que j'ai pensé être, avec mes yeux d'occidentale néophyte.... jusqu'à ce que notre guide les déplie pour que nous les revêtions : les fameuses écharpes.
Quant aux petites boîtes rondes - LES TIP KHAO - à l'intérieur, encore tiède, se trouve le riz gluant que nous allons distribuer aux moines.
Contrairement à d'autres religions où être prêtre, nonne ou rabbin est un engagement à vie, être moine bouddhiste peut être une expérience ponctuelle de quelques semaines, quelques mois, quelques années ou .... de toute une vie également !
Tout homme Lao est censé faire cette expérience, si possible entre la fin de sa scolarité et son entrée dans la vie active ou son mariage.
Il peut y entrer dès l'âge de 8 ans ; encore aujourd'hui de jeunes garçons de cet âge rentre au monastère, issu des campagnes isolées et pauvres, c'est l'assurance pour les familles qu'ils aient ... le gîte, le couvert et l'éducation. D'ailleurs autrefois, le temple était l'unique lieu d'enseignement.
Il n'en reste pas moins que c'est un acte très méritant dont les familles sont particulièrement fières.
De plus, pour le jeune homme, ce passage au monastère est un atout pour ensuite trouver sa future femme : ayant porté la robe monastique, aux yeux de la belle-famille, c'est un homme vertueux, qui aura une belle vie à offrir à sa famille.
Nous sommes donc prêts. Le jour commence à poindre, d'un même mouvement de tête vers la gauche, nous regardons dans la direction où nous devrions commencer à apercevoir les moines.
Dans cette rue silencieuse, dans une atmosphère de recueillement, les premières robes safran des moines apparaissent.
En file indienne, pieds nus, ils tendent leur SEBILE ( le récipient qui recueille les aumônes ) aux fidèles, qui assurent ainsi leur nourriture quotidienne.
Grâce à mon fidèle vidéaste, voici une courte vidéo de cette procession.
Passé les 40 premières secondes en musique ( ajoutée pour couvrir le bruit d'un camion ... ) le silence est seulement troublé par l'effleurement métallique des couvercles reposés sur les sébiles, le froissement des robes des moines ou encore l'aboiement d'un chien et les gazouillis des oiseaux dans une ville qui s'éveille.
Pour écouter et regarder ! c'est ICI.
Concentrée sur ma tâche, par petites poignées de riz, je forme aussi vite que je peux - ainsi que nous l'a expliqué le guide - de petites boulettes de riz gluant que je dépose dans les sébiles.
Aucun moine ne s'arrête ni ne ralentit le pas. Dans leurs coupelles, beaucoup de boulettes de riz mais aussi des fruits et pour les plus jeunes, des barres de céréales.
D'ailleurs pour les novices, - les jeunes moines au-dessous de 20 ans - la quête du matin est le seul moment pour leur famille de les voir ou de leur donner une chose particulière dont ils pourraient avoir besoin. D'où les sacs plastique bien remplis que vous voyez sur les photos.
Cette procession matinale de près de 600 moines ( nous n'en avons vu qu'une petite centaine ) a été une expérience inoubliable, y participer fut très émouvant et je suis ravie de la partager avec vous.
A BIENTOT !!