S'il y a bien une chose que j'avais hâte de découvrir, c'est un temple.
A Mudu (prononcez "moudou" ) pas très loin de Suzhou, en haut d'une colline il y a celui de Lingyan.
Nous déambulons d'abord dans la ville, louvoyons entre les vendeurs ambulants en tout genre : saucisses grillées - qu'ils appellent pompeusement "hot-dog" alors qu'il ne s'agit que d'une saucisse au goût infâme piquée sur un bâton ! - fruits, souvenirs et bâtons d'encens : des montagnes de bâtons d'encens à vendre !! Nous comprendrons quelque temps plus tard pourquoi une telle quantité.
Après une bonne grimpette, toujours sous la chaleur et au milieu d'une foule assez dense, nous apercevons un "bout" du temple.
Petite parenthèse : Nous sommes en pleine semaine de vacances nationales ici. En effet, la 1ère semaine d'octobre est la "Golden week" en Chine. Beaucoup d'entreprises sont fermées, la plupart des Chinois sont en vacances, c'est une des rares occasions pour eux (avec le Nouvel An Chinois) de jouer aussi aux touristes dans leur propre pays et de visiter leur famille. Semaine donc très chargée au niveau des transports et des infrastructures touristiques. Une façon de "booster" leur économie interne.
Tout ça pour vous dire que nous ne sommes pas seuls sur les lieux que nous visitons cette semaine...mais par contre souvent les SEULS occidentaux parmi cette multitude d'yeux bridés !!
Nous nous acquittons du droit d'entrée pour pénétrer dans l'enceinte où se trouve le temple (1 Yuan / personne = environ 0.12€ ! oui, oui, vous avez bien lu !) et déjà dans l'entrée nous sommes dans l'ambiance !
Nous traversons un premier porche aux têtes accueillantes.
Devant la porte principale du temple, chacun allume ses bâtons d'encens et ses cierges. La fumée et l'odeur nous chatouillent les narines.
Les "autels" (est-ce ce nom là ? ) garnis d'offrandes ( beaucoup de fruits, des biscuits, des oignons et même des bouteilles d'huile !!) devant lesquels les gens se recueillent et se prosternent.
Les gens évoluent à l'intérieur du temple, les mains souvent jointes, passent devant les autels en baissant plusieurs fois la tête ou, s'il y a de la place, s'agenouillent devant, en baissant et relevant leur tête plusieurs fois.
Nous ne croiserons pas d'autres Occidentaux dans ce lieu de prière.
Nous nous attardons dans ce temple, en faisons le tour, observons, curieux et respectueux, ce lieu de prière si différent de chez nous. C'est surtout la grandeur des statues et leurs expressions, l'odeur de l'encens, la fumée, les gens qui déambulent, petits et grands, avec les mains jointes, qui contribuent à une ambiance vraiment caractéristique.
Le "site" est vaste et nous continuons notre exploration.
Je mets un peu de temps avant de prendre cette photo qui résume à elle-seule l'atmosphère générale de sérénité qui se dégage de cet endroit :
Nos pas nous mènent ensuite vers les lieux de vie quotidienne des moines.
Comme ce réfectoire, où chaque couvert est recouvert d'une serviette :
Nous continuons de grimper, pour surplomber le temple et avons cette vue plongeante dans un de leur jardin avec le linge qui sèche...
Dès notre arrivée sur le site, nous remarquons que nos têtes d'Occidentaux attirent les regards. On se retourne sur notre passage, on nous prend discrètement - ou pas ! - en photo. Alors lorsque nous nous asseyons sur un muret et demandons à quelqu'un de nous prendre en photo avec le temple et la pagode derrière nous, voilà la "FOULE EN DELIRE" mais tellement gaie et bienveillante que nous avons devant nous !!! Une fois notre appareil récupéré, nous posons encore quelques instants pour leur plus grand plaisir !!
C'est sur cette note on ne peut plus joyeuse, que nous quittons ce lieu, une belle découverte vraiment, enrichissante, reposante "spirituellement" malgré la foule et l'ascension, car l'espace de quelques heures nous avons eu un aperçu de la vie de ces moines. Ils se contentent de peu, sont tranquillement "perchés" en haut de leur colline, loin de la ville et de la modernité.
Certes ils profitent du tourisme, mais encore une fois cette semaine est particulièrement chargée et je doute qu'il aient autant de monde leur rendant visite chaque jour de l'année, surtout l'hiver !
Nous prenons le chemin inverse et entamons la descente.
En montant et à quelques mètres de "l'arrivée", nous n'avions pas vu cet endroit où déjà beaucoup de personnes allument des bougies.
Avant de quitter Mudu, nous faisons un rapide crochet par son centre historique. Ville d'eau comme Suzhou, ici aussi les barques glissent au fil de l'eau...
Ce n'est pas dans je ne sais quelle retraite que nous découvrirons : c'est sur la route, dans les villes, AU MILIEU DE LA FOULE, chose parmi les choses, homme parmi les hommes.