Il était temps allez-vous me dire ! Mais que fait Céline ? Nous aurait-elle oublié ? Bien sûr que non !
Nous venons de faire un périple de 3 jours dans la région de Guilin et nous voilà avec plus de 500 photos !... Un tri s'impose, merci de votre patience, les articles sont longs à réaliser, j'y mets tout mon coeur, je prends beaucoup de plaisir à les faire et je les veux le plus complet possible.
GUILIN (600 000 habitants ) se trouve à environ 1300 kms au Sud-Ouest de Suzhou, dans la province du Guangxi. Cette région recèle les plus beaux paysages de la Chine avec les fameux "pains de sucre", gigantesques pitons calcaires qui jaillissent de terre, dans les villes et villages et surtout le long de la rivière Li.
Ce sont plusieurs mouvements tectoniques qui, il y a 300 millions d'années, ont formé ces énormes rochers calcaires. Avant ces mouvements Guilin était dans l'eau, aujourd'hui la mer se trouve à 480 kms au sud de la ville.
C'est une région sub-tropicale qui bénéficie de beaucoup de pluies : 2m de précipitations par an ! Cette eau tombée du ciel contribue à la seconde merveille naturelle de la région : les rizières en terrasses, situées au Nord-Ouest de Guilin.
Prêts pour la découverte ? Je vais tenter de vous faire partager, en photos commentées par mes notes prises lors du voyage, ce que nous avons eu la chance d'admirer durant ces 3 jours.
( Nous sommes partis via un organisme francophone de Shanghai et avons ainsi bénéficié d'un guide local parlant parfaitement bien français, passionné et passionnant. Ce sont ses explications que j'ai prises en notes et auxquelles j'ajoute quelques détails - si je les trouve opportuns - trouvés dans le Guide Vert et / ou dans le Guide du Routard, le tout complété bien sûr par mes propres impressions et descriptions, qui constituent mes commentaires.)
Les rizières en terrasses :
Pour admirer ce mode de culture si caractéristique, nous avons pris différents moyens de transport : l'avion de Shanghai à Guilin, le bus de Guilin à Longji puis...la navette pour monter encore plus haut dans la montagne (âmes sensibles et ventres fragiles s'abstenir !!! la route en lacets en mauvais état + la conduite sportive du chauffeur = une pâleur sur les visages & le coeur au bord des lèvres à l'arrivée !) et enfin nos pieds (ouf ! un peu d'air pur !) pendant 1/2 heure qui nous ont conduit jusqu'au village de Ping'an, à 900 m d'altitude.
Le jeu en valait la chandelle :
Les premières vues nous couplent le souffle, c'est vraiment incroyable de voir cette beauté naturelle sous nos yeux.
C'est à la suite des invasions successives des Mongols puis des Mandchous, venus attaquer les Chinois dont les Han représentaient la plus forte communauté, que les minorités ont quitté les terres basses et fertiles des vallées pour se retrancher dans les montagnes.
A leur arrivée, ces populations se sont trouvées face à la difficulté du terrain : il était loin d'être PLAT !! Ces terrasses sont donc le fruit d'un dur labeur de près de 700 ans !
Voilà ce que nous découvrons, après notre nuit passée dans l'hôtel du village, en surplomb des rizières.
Les rizières se succèdent à perte de vue, c'est impressionnant, elles se superposent tel un gigantesque escalier et forment comme un dos de dragon géant.
Selon les saisons, les rizières en terrasse se parent de différentes couleurs:
l' ARGENT au printemps : avec la saison des pluies, les rizières se remplissent et l'eau donne un effet de miroirs = saison du repiquage
le VERT en été : les pousses de riz sont hautes de 50 à 60 cm
le JAUNE /DORE à la fin de septembre / début de l'automne = saison de la récolte
le MARRON à l'automne
le BLANC pendant l'hiver si la neige les recouvre
Devant nos yeux c'est le marron qui domine, mais nous avons un aperçu de ce que peut donner le reflet de l'eau, comme vous le voyez sur cette photo.
Le village de Ping'an :
C'est après l'épreuve de la navette (cf plus haut ! ) que nous enfilons nos chaussures de marche et prenons notre petit sac à dos avec le strict minimum pour aller passer la nuit au village, après quelques 300 marches à gravir.
Nous avons une petite demi-heure de randonnée à faire, les arrêts sont fréquents au début, puisque des échoppes jalonnent la route : les minorités vivent de leurs cultures mais aussi bien sûr du tourisme en vendant bijoux, tissus, costumes, objets, cartes et livres de la région, "spécialités" alimentaires etc...
Cette femme habillée en rose et à la coiffure pour le moins "originale" appartient à la minorité YAO.
Les minorités de la région :
Les 4 principales minorités de cette région sont :
les YAO : c'est l'une des plus anciennes ethnies chinoises, elle est très présente dans cette province (enfin une partie ! ) que nous visitons : le GUANGXI. Les femmes Yao portent de très longs cheveux, c'est un signe de beauté. Elles ne les coupent qu'une seule fois dans leur vie, à l'âge de 18 ans. Puis, lorsqu'elles se coiffent quotidiennement, elles recueillent les cheveux qui tombent après le brossage, les ajoute à ceux coupés lors de leurs 18 ans et le tout forme un postiche qu'elles accrochent à leurs cheveux "du moment" en les nouant sur le haut de la tête de façon différente : un gros noeud sur le devant de leur tête signifie qu'elles sont mariées, sans noeud...leur coeur est toujours à prendre ! Et pour garder cette couleur noire et luisante sans cheveux blancs elles ont un "truc" : laver leur cheveux dans l'eau de rincage du riz...
les ZHUANG : cette minorité est de nature très joyeuse et aime beaucoup chanter, particulièrement des chants de montagne. C'est une façon pour les jeunes de se divertir et aussi de rencontrer l'âme soeur puisque les jeunes, garçons et filles, organisent des sortes de concours de chant. C'est une ethnie de type matriarcal car c'est la jeune fille qui mène le jeu et qui choisit le jeune homme qui aura le mieux répondu, en chantant bien sûr, à ses demandes, également chantées. Une fois son choix fait, elle lance une balle brodée de ses mains, à l'heureux élu. Elle nous fait plutôt penser à une boule de Noël mais n'en est pas moins très jolie ! Lorsque le jeune couple se marie, la jeune fille peut, si elle le désire, retourner vivre chez ses parents encore quelques mois avant d'entamer réellement la vie à 2 pour de longues années....Dernier détail : les femmes Zhuang ne portent que des pantalons !
les MIAO : Cette minorité est surtout connue pour la variété de ses costumes. Les femmes, tisseuses et brodeuses expertes, ont consigné l'histoire et les légendes de cette ethnie dans leurs travaux d'aiguille.
les TONG : Cette minorité est un peuple bâtisseur puisqu'ils sont les meilleurs ouvriers du bois et réalisent, encore aujourd'hui, des constructions - maisons d'habitation, monuments... - sans aucun clous mais à l'aide de chevilles ! Cet édifice par exemple est une de leur réalisation, nous le découvrons lors de notre seconde soirée, en nous rendant à un spectacle son et lumière avec pour fond de scène la rivière Li et les pains de sucre...magique !!
Quelques vues du village :
2 clichés du haut : vue de notre chambre après l'ascension : déjà dans l'ambiance ! Photo milieu : notre hôtel, 3 dernières : le village et ses "rues" !
La découverte du village de Ping'an le 1er jour de notre périple, perché au milieu de ces rizières en terrasses que nous ne connaissions qu'à travers des magazines, en fin d'après-midi, sous la brume, après cette montée un peu cahotante et ensuite la 1ère rencontre avec ces gens si différents de nous, fut un réel dépaysement et à la fois, quel bonheur de respirer l'air pur de la montagne, de voir des cultures, des champs...nous nous retrouvions soudain en "terrain connu", en bons provinciaux que nous sommes....
Le lendemain, la brume s'est dissipée, nous avons pu voir encore plus loin la succession des rizières qui se courbent, se tordent, serpentent et dévalent à l'infini la vallée.
Déambuler dans les "rues" du village fut aussi une expérience unique, notre regard passe d'une vision à une autre : nous sommes tour à tour étonnés, dubitatifs, amusés mais toujours curieux.
Un quotidien simple, une vie qui peut sembler rudimentaire voire "en retard" sur notre temps mais leur richesse à eux est bien leur environnement. En sont-ils conscients et surtout sauront-ils le préserver ?
Une technique locale de cuisson du riz :
En nous promenant dans le village, nous découvrons cette méthode de cuisson du riz très particulière. Le riz est introduit dans des tronçons de bambous ( entre 2 noeuds ), la "cuisinière" le tasse et ferme le bout avec un morceau d'épi de maïs, mais sans les grains !
Elle met ainsi ces drôles d'ustensiles de cuisson dans le feu et à intervalles réguliers les trempe dans un seau d'eau pour éviter que ça brûle et ne cuise trop rapidement.
Avant d'être mis à la cuisson, le riz est agrémenté de morceaux de légumes et de viande, avec un peu d'eau.
Les morceaux de bambous, avant et après la cuisson, une femme surveillant la "marmite" et une vue d'ensemble de cette cuisine en plein air.
Leur vie est rythmée par le travail de la terre et dans ce domaine, la retraite n'est pas d'actualité ! Nous croisons beaucoup de personnes âgées, portant des charges qui doivent être assez lourdes, nous les voyons courbées dans leur potager, nous croisons un vieil homme alors que nous redescendons vers le village : où va-t-il avec sa petite besace en forme de faucille accrochée dans le dos ?
La moindre parcelle est exploitée, une spirale de rizières et en haut de la "butte" un potager ! Regardez bien il y a quelqu'un qui y travaille ! Système d'irrigation au point !
Accéder au village, vous l'aurez compris n'est pas chose aisée. Ici point de voitures, de vélos ou de scooters : pour le transport des diverses denrées, seule la marche et le dos des hommes - et parfois celui des chevaux (ou poneys) que nous avons tout de même aperçus - le permettent. Ainsi, nous avons croisé des chargements pour le moins étonnants !
Preuve en est avec cette photo !
Oui, oui, vous les voyez bien : ce sont des porcelets !!
Et puis pour le ravitaillement en papier toilette, il n'y a qu'à faire appel à l'homme de la situation !!
C'est sur cette note humoristique que s'achève cet article.
En bonus voici une petite vidéo ( merci à Patrick pour ce côté beaucoup plus technique de mon blog !) qui vous permettra de vivre un peu comme si vous y étiez, ce voyage dans les rizières et le village.
Bonne promenade et à une prochaine fois ! Pour vous balader cliquez ici. ( il faut attendre un peu, le fichier est un peu lent à charger )